Benjie of Switzerland : Des chaussures éthiques pour les plus jeunes

En parallèle à son activité professionnelle, Christian Bagnoud a lancé en 2011 sa propre marque de chaussures pour enfants. Un projet qui a pris un tel essor qu’il s’y consacre désormais à plein temps.

Concilier design, écologie et confort en une seule chaussure pour enfants, voilà l’ambition de Christian Bagnoud. Fabriquées à partir de matériaux naturels d’origine exclusivement européenne et sans traitements chimiques, les modèles qu’il a imaginés sont venus combler un vrai manque sur le marché. «On y trouve soit des chaussures de luxe hors de prix, soit des modèles bon marché, souvent produits en Chine, conçus dans des matériaux de mauvaise qualité et fragiles.» Ce manque, Christian Bagnoud en fait le constat lorsqu’il tente de chausser ses propres fils. En 2011, il fonde ainsi sa propre marque Benjie of Switzerland, dont le nom est inspiré de la contraction des prénoms de ses deux enfants, Benjamin et Jérémie.

«Il faut compter environ 100 francs pour une paire, mais l’investissement vaut la peine. Durant la croissance, la position du pied est capitale pour éviter d’avoir des problèmes de posture à l’âge adulte.» Et comme les enfants changent rapidement de chaussures avant même qu’elles soient complètement hors d’usage, la marque collabore avec l’entreprise Texaid. Les chaussures usagées sont ainsi déposées dans un point de collecte chez Benjie of Switzerland, avant d’être triées et confiées à des magasins caritatifs qui offriront une seconde vie aux chaussures.

«J’ai commencé à imaginer le concept et à me lancer dans la réalisation de ce projet alors que je travaillais en parallèle pour l’enseigne H&M. C’était un avantage, en raison du risque financier réduit. Je pense que c’est une bonne option, ça permet de réduire la pression. Je travaillais plutôt le soir et le week-end.» La conception d’une chaussure est complexe, et celles pour les enfants doivent répondre à des besoins spécifiques. « Souvent, il est difficile pour les plus jeunes de savoir si la taille du modèle est bien adaptée à leur pied. Il fallait ainsi imaginer une semelle amovible qui permet de s’assurer que la paire convienne parfaitement. »

Un autre défi consistait à trouver des usines capables d’assurer la production selon ses critères. C’est finalement au Portugal que les pièces dessinées par l’initiateur du projet seront conçues. Le pays possède en effet un excellent savoir-faire cordonnier. La fabrication est réalisée à la main, dans le respect de normes environnementales strictes.

La vente des modèles se fait dans un premier temps en ligne et via des magasins spécialisés. En 2015, Benjie of Switzerland ouvre une boutique en propre à Genève. Dès ce moment-là, Christian Bagnoud concentre son activité professionnelle sur ce projet. Mais trouver les bons fournisseurs n’est pas simple et les usines ne tiennent pas toujours les délais fixés car les productions de grande ampleur sont prioritaires par rapport aux petites commandes.

Christian Bagnoud et son associé Julien Kervio décident alors de réaliser une campagne de financement participatif via la plateforme en ligne wemakeit. « Cela a été une bonne initiative. Elle était à la fois l’occasion de montrer les têtes derrière ce concept, mais aussi de réunir une vraie communauté autour de la marque. Une démarche qui offre à la fois du soutien, et qui permet d’avoir des retours sur les premières productions. » L’opération, menée en 2018, leur rapporte presque 60’000 francs. Une somme que le duo investit dans des machines de découpe de cuir et dans des matières premières qui leur permettent d’assurer une part de la fabrication de façon autonome.

« Lorsque nous avions consulté GENILEM pour obtenir des conseils quant à notre projet, l’association était surprise, car nous étions des seniors avec une solide expérience professionnelle. Mais pas dans le domaine de l’entrepreneuriat, pour lequel nous avions besoin de conseils.» Selon Christian Bagnoud, la vente constitue le défi majeur de l’entreprise. «Rien n’est gagné d’avance, il ne suffit pas d’avoir une idée et de fabriquer le produit. C’est seulement 20% du travail, ensuite il faut vendre. » Aujourd’hui, la marque grandit et envisage d’ouvrir de nouvelles boutiques, dont une au Koweït.

Publié le 3 avril 2020

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