La Salamandre : La passion comme moteur

Il y a trois décennies, Julien Perrot lançait un petit journal consacré à la faune locale. Il dirige aujourd’hui une maison d’édition comptant une vingtaine de collaborateurs.

À 11 ans, le jeune Julien Perrot rédigeait la première édition de « La Salamandre », journal consacré à la nature locale. L’objectif : faire découvrir au public la faune et la flore pour l’amener à les aimer et mieux les respecter. Le plus jeune rédacteur en chef de Suisse romande faisait alors la une des médias. « De nombreux Romands se sont abonnés grâce à cette médiatisation », se souvient Julien Perrot qui assure son premier passage télévisé à 12 ans. Aujourd’hui, la revue bimestrielle emploie 20 salariés et se décline en trois versions disponibles en Suisse et en France. La Salamandre publie également 15 livres par année, produit des reportages vidéo et organise depuis 2003 un festival annuel à Morges.

« L’envie de faire découvrir la nature a toujours été mon moteur, souligne l’entrepreneur, diplômé en biologie de l’Université de Neuchâtel. À la fin de mes études, « La Salamandre » comptait 6000 abonnées et j’ai fait le choix de continuer dans le monde du journalisme plutôt que dans la science. De fait, j’ai dû me former à l’entrepreneuriat en autodidacte. Ce n’est pas la voie la plus facile mais elle permet d’apprendre énormément et de développer son instinct, un élément essentiel au monde de l’entreprise. »

La Salamandre a pu bénéficier de l’aide de GENILEM dès 1999, à l’occasion du lancement de son journal pour enfants « La petite Salamandre ». « Ce soutien m’a permis de structurer mon projet, explique Julien Perrot. J’ai appris beaucoup sur les subtilités du management, du financement et du marketing grâce à l’accompagnement d’un coach professionnel de GENILEM. » Le passionné cultive néanmoins son authenticité, comme lorsqu’il convainc des grandes fondations de le soutenir « vêtu de mes chaussures de marche et mon sac à dos ».

Depuis 2011, la société a évolué en une véritable maison d’édition franco-suisse indépendante. Son premier ouvrage publié est un livre de contes. En 2015, la Salamandre décide de proposer deux versions de son magazine pour enfants: « La Petite Salamandre » pour les 4-7 ans et « La Salamandre Junior » pour les 8-12 ans. Cette offre remporte un grand succès et amène de nouveaux abonnements. « Nous avons notamment de plus en plus d’acheteurs en France, ajoute l’entrepreneur. Parce qu’il ne faut pas oublier que s’il est essentiel d’aimer son produit, il faut également le vendre! »

Un rêve d’enfant devenu réalité

Julien Perrot et La Salamandre grandissent et évoluent conjointement. En 2016, l’entrepreneur suit le virage numérique et digitalise ses contenus. Il lance aussi une chaîne YouTube intitulée « La Minute Nature » qui réunit chaque semaine des milliers d’abonnés.

« Animateur, coach, spécialiste en communication, producteur de film, j’ai l’impression de devoir apprendre un nouveau métier chaque année, s’amuse-t-il. C’est le rôle du porteur de projet de rester polyvalent pour tester les nouvelles idées avant d’investir. »

En papier recyclé, sans publicité et seulement sur abonnement pour éviter les surplus, La Salamandre s’affirme par ailleurs comme une entreprise engagée en faveur de l’environnement. « C’est selon moi la cause la plus urgente aujourd’hui, soutient Julien Perrot. La Salamandre se concentre sur la nature locale et sauvage: « Nous ne parlons pas de baleines ou de girafes mais de chevreuils, d’hirondelles et de primevères. C’est une nature que les gens peuvent observer eux-mêmes, dès le pas de leur porte et où l’action individuelle a un impact important. »

La Salamandre s’illustre aujourd’hui comme une société à but non lucratif qui compte plus de 70’000 abonnés à ses revues. Julien Perrot a ainsi su transformer son entreprise en élargissant son champ d’activité tout en gardant son identité.

Publié le 4 février 2020

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